BonusMalus Ecologique: tout n'est pas clair!

Publié le par blog-auto-infos

Je vous invite à lire le prochain numéro de l'Argus de l'Automobile. Un dossier y sera consacré à la mise en place ud bonus malus écologique, à partir d'un débat que j'ai animé hier en présence de plusieurs représentants des constructeurs et d'un conseiller technique du ministère de l'écologie. Evidemment, un grand nombre de points sont résolus par les dispositions réglementaires mais beaucoup de questions demeurent et ne rassurent pas les professionnels de l'automobile:

1/ La mesure a été annoncée rapidement le 5 décembre, avec application immédiate au 1er janvier 2008. Les représentants du marché des véhicules d'occasion estiment qu'ils n'ont pas été consultés et qu'il leur a été impossible de s'adapter. Aujourd'hui, il se retrouve avec des stocks de voitures "invendables" parce qu'assujetties au malus. Il va falloir les brader auprès des concessionnaires ou des loueurs. Les pertes seront importantes.

2/ Le ministère ne peut pas encore dire s'il y aura une vignette et s'il y aura une "annualisation" de cette mesure. C'est un problème pour le vendeur qui ne sait pas quoi dire à l'acheteur d'une voiture neuve.

3/ Les normes de CO2 vont évoluer dans le calcul du bonus-malus. Aujourd'hui c'est moins de 130 grammes de CO2 pour le bonus, entre 130 et 160 pour le statu quo, et au-delà le malus. Forcément, ces chiffres vont évoluer vers la baisse... . mais dans quelle proportion, et à quelle allure? Là encore il y a des zones d'ombre.

4/ Comment l'Argus va t'il établir sa cote, sachant qu'il faudra distinguer les véhicules neufs, les véhicules d'occasion récents, et les véhicules d'occasion? 3 marchés simultanés, cela ne facilite pas la clarté des transactions.

5/ Il se confirme que le parc auto français va se "diéséliser" à outrance. Aujourd'hui seule la mesure de CO2 fait référence...  donc le ministère de l'écologie "oublie" les fines particules du diesel. Il oublie aussi que les petites voitures diesel qui profitent le mieux de la mesure n'ont pas toujours un filtre à particules.

6/ La France pour l'instant est isolée. Nous sommes les seuls à appliquer ce dispositif. Le conseiller du ministre nous a parlé des initiatives lancées en Espagne ou en Italie... C'est bien, mais on découvre déjà que des entreprises françaises envisagent de délocaliser leur parc automobile dans leurs filiales étrangères. Nous allons bientôt voir de plus en plus de cadres français rouler avec des plaques allemandes, italiennes ou espagnoles...  insolite, NON? çà s'appelle le CROSS BOARDER

7/ Et les véhicules utilitaires. Le conseiller du ministre nous a dit qu'il faut bien réfléchir au bonus-malus pour ces véhicules. Tout simplement parce que ce marché est en pleine expansion et que le véhicule tutilaire fait beaucoup de km. On apprend aussi que c'est un parc auto très âgé, donc très polluant. Mais le ministère ne va rien faire...  pas de bonus-malus pour les véhicules utilitaires, car ce serait la révolution dans le pays.... La première entreprise de France, les artisans, travaillent avec ces voitures qui seraient presque toutes assujetties au malus.

En voilà des problèmes générés par une mesure qui, de prime abord, est de bon sens... mais pour l'instant, nous sommes plus proches du casse-tête !

PB

 

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aldess 03/02/2008 16:37

Je suis d'accord sur la dieselisation, mais est-ce vraiment mauvais ?
Le bilan en coûts externes (coût sociétal défini par la CEE pour chacun des polluants) est favorable au diesel : les diernère normes de dépoll font que les émissions de NoX et de particules sont très faibles : au bac moteur on ne distingue plus les polluant ambiant de ceux émis par les moteurs.Le challenge est donc à court terme le renouvellement du parc pus à moyen terme le CO2.
Je pense que le effets courts termes ne sont peut-être pas complètement maîtrisés mais c'est une bonne mesure à moyen terme : cela renforce les équipementiers Européen leader du diesel et puis cela va peut-être un peu forcer l'avènement de l'hybride. Cela renforce également les constructeurs de petites voitures : Peugeot, Renault, Fiat
Aldess - http://aldess.sosblog.fr/

H BOREL 29/01/2008 15:15

Bonjour,
 
pourquoi ne pas evoquer les solutions gpl et gnv ?
Les resultats des emissions sont pourtant trés interressants  sur l'ensemble des polluants , sans avoir recours à des "artifices" techniques ou legislatifs.
quelques resultats :
107 gpl 97 g de co2 ( mesures UTAC)
107 gnv 93 g de co2 ( mesures UTAC)
sans rejet de particules et 16mg de NOX par km !

fedser 28/01/2008 05:17

je suis impressionné par la justesse de cet article, la pertinence des deux derniers intervenants GERONIMO & Pascal BOULANGER, qui contraste avec l'incompétence de ceux qui prennent actuellement les décisions dans une précipitation brouillonne!

geronimo 19/01/2008 19:42

C'est super. La France va rouler dans une biplace diesel, L'Italie dans un véhicule au gaz de ville, La Suede en hybride et L'Allemagne à l'éolien. Enfin l'Europe de l'énergie.
Pour les enfants, on les fera adopter par l'Union européenne.

jaqcues 17/01/2008 15:44

C’est quand même dramatique que le ministère de l’écologie oublie que la véritable pollution dangereuse pour la santé de la population sont les particules fines et les oxydes d’azote. Ainsi, il ne tienne pas compte, comme le font certaines villes européennes, des effets toxiques de ces composés et tout cela pour ne pas froisser les mauvais choix qui ont été fait par nos constructeurs (comme l’a bien souligner une émission de canal + : l’effet papillon de mardi). Résultat on est devenu les champions du monde du diesel, tout au moins en terme d’immatriculation. Malheureusement, cela à des conséquences fort désagréable dans nos villes ou l’air est souvent devenu irrespirable, surtout quand on demande au gens de faire des efforts physiques en utilisant un vélo par exemple. Il me semble qu’en terme d’écologie le plus important est sans doute de se préoccuper de la santé surtout qu’en France le CO2 émis par l’automobile seule représente moins de 10% du total. Enfin juste un dernier mot pour souligner le manque d’information, pour ne pas dire la complicité de tous les média français, sur le problème de diésélisation du parc automobile en France. En effet, ils semblent  préférer retranscrire les dossiers de presse des constructeurs plutôt que de faire des enquêtes approfondit (conflit d’intérêt ou paresse ? peut être les 2).