Automobile et emplois: on délocalise ou on enrichit l'Europe?

Publié le par blog-auto-infos

La question a été posée cette semaine quand Jean-Martin Folz, président de PSA Peugeot Citroën, a inauguré une nouvelle usine de fabrication de la 207 à Trnava en Slovaquie. Alors que le groupe PSA annonce 10.000 suppressions d'emplois, notamment en France et en Espagne, on l'accuse de délocaliser pour fabriquer moins cher en Slovaquie. Je trouve que parfois les commentateurs ne regardent un problème que par un seul bout. Il est amusant d'entendre les syndicats se féliciter quand Toyota installe une usine à Valenciennes et crée des emplois nouveaux en France, et de les entendre ensuite critiquer des délocalisations.

Alors c'est vrai, le salaire ouvrier moyen en Slovaquie est inférieur d'un quart à un tiers à celui d'un ouvrier français, mais les slovaques ont droit eux aussi au développement. Autrefois l'Espagne et le Portugal était à la traîne de l'Europe. Et puis ils sont rentrés dans l'Union, se sont développés, et aujourd'hui les entreprises françaises bénéficient de nouveaux marchés. C'est de l'échange.

D'abord il faut se dire que les emplois supprimés en France ne sont pas des licenciements. Ensuite il faut admettre que les marchés émergents de l'Europe nous profiterons un jour. De plus, des collaborateurs français d'un groupe industriel peuvent enrichir leur culture personnelle et leur carrière en allant dans ces pays étrangers pour développer ces projets nouveaux. Trnava est au centre de l'Europe nouvelle qui se dessine. Je pense que nous avons tout intérêt à aider nos voisins de l'Est pour leur développement et pour le nôtre.

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Guy-Achille 31/10/2006 10:43

En tous cas, votre analyse a le mérité de sa pertinence et je crois en effet que l'on puisse être d'accord avec vous mais cela dépendrait aussi de l'angle sous lequel on observe tout ceci.L'exemple de Toyota et de son usine de Valencienne montre que la compétence de base d'une entreprise, d'une région, d'un pays sera la composante décisive du développement continu de la compétitivité. Le fait est que, l'arrivée de ce constructeur en France se justifie par cette donne. On sait que la main d'oeuvre française est très qualifiée et  que Toyota souhaitait se positionner sur la fiabilité de modèles destinés à conquérir l'Europe. La Yaris, on le sait, est la voiture la plus fiable de l'heure avec 2.7 pannes par an après la 4ème année.A l'inverse, des marques comme Renault ou Peugeot - Citroën ont besoin, pour atteindre ce type d'objectif, compter sur une évolution plus que significative de ses ventes. Les nombreux avantages sociaux dont jouissent les français ne peuvent pas l'aider à y parvenir ; d'où les localisations qui a mon sens ne sont que temporaires. Elles pourront durer une dizaine d'année voir une quinzaine d'année mais pas plus. La conséquence voulue ou indirecte est donc ce que vous citez, i-e le développement de ces pays.Les pôles de compétitivité ont pour objectif de renverser l'avantage concurrentiel qu'ont les pays à faible coûts de main d'oeuvre au profit de la France. Car, ils pourront faire évoluer la productivité grâce à la recherche croisée entre entreprises, chercheurs.... Encore faudrait-il qu'ils soient bien menés.