Marché auto en octobre: pas d'effet "Mondial"

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger

Il m'arrive de me tromper, comme tout le monde, et surtout de le dire... Début octobre, alors que le Mondial de l'Automobile de Paris ouvrait ses portes, je disais bien volontiers que les chiffres du mois d'octobre en France pourraient encore être bons. J'avançais deux raisons: la poursuite de l'effet "bonus écologique, et l'effet "Mondial". Malheureusement, tout cela ne s'est pas vérifié et j'ai tendance à vous dire maintenant que le mal est encore plus profond que ce que nous croyions. En effet, je ne vois pas ce qui pourrait bien doper les ventes en fin d'année et encore moins en 2009. La crise financière a déjà un impact fort sur le crédit, et le crédit soutient aujourd'hui considérablement le secteur automobile.

Donc çà va mal! En octobre 2008, les immatriculations de voitures particulières ont baissé de 7,3% par rapport à octobre 2007. 

Dans le détail, on s'aperçoit que Renault aura vraiment besoin de sa nouvelle Megane pour se relancer.  Fort habilement, une dépêche d'agence nous indique que les immatriculations du groupe Renault ont baissé de 9,8%. La vérité est beaucoup plus triste... Renault peut se féliciter d'avoir Dacia pour redresser ses chiffres. La marque roumaine du groupe Renault a encore progressé de 33,3% en octobre (grâce à la Sandero), alors que la marque Renault, seule, a chuté de 12,6%. C'est une vérité qui fait mal: Renault a vendu moins de 5000 voitures qu'en octobre 2007.

Si on prend PSA Peugeot-Citroën, il faut également nuancer les commentaires...  L'ensemble du groupe affiche une baisse de 4,7% de ses immatriculations, mais dans le détail on s'aperçoit que Peugeot a reculé de 8,6% tandis que Citroën a vendu 13 voitures de plus qu'en octobre 2007 ( donc çà fait 0%!). Citroën se porte mieux grâce à ses voitures aux styles affirmés. Peugeot marque le pas et a besoin d'un plan produit plus ambitieux et novateur.

Regardons enfin les chiffres des marques étrangères. Mis à parti Dacia, 4 marques progressent seulement: BMW, Volkswagen, Audi et Fiat.
Pour Fiat, c'est la confirmation d'un redressement spectaculaire. Il y a deux/trois ans certains experts automobiles annonçaient la fin de l'empire Fiat. Ils se sont trompés. On voyait l'américain GM manger Fiat, et aujourd'hui c'est plutôt GM qui est en danger de mort. Sous l'impulsion de M. Marchionne la maison Fiat a retrouvé des bases saines et les ventes sont au beau fixe. 
Pour Audi, BMW et VW nous avons la surprise de voir des véhicules haut de gamme bien se vendre. L'explication tient au style de ces voitures, à leur qualité de finition, et à la vertu de leurs moteurs qui sont en progrès considérables  en termes de consommation et de rejets de CO2. Ces marques "Premium" ne souffrent pas tant que cela du bonus écologique à la française. En revanche, avez-vous remarqué que Mercedes n'est pas dans la liste? Les immatriculations de la marque à l'étoile ont chuté de 12,2% en octobre 2008. Face à ses concurrents Mercedes a donc perdu un peu de terrain. C'est un autre enseignement de ce baromètre d'octobre 2008.

Ah oui, un mot de conclusion quand même. Depuis le mois de janvier, le marché reste orienté à la hausse: +2,3% pour les voitures particulières, +3% pour les véhicules utilitaires légers, + 13,1% pour les véhicules industriels par rapport à la même période (janvier à octobre) en 2007. Si on considère le marché des voitures particulières, le chiffre des 2 millions d'immatriculations de véhicules neufs sera encore dépassé cette année. Je précise que nous parlons d'une spécificité française. Nos voisins européenssouffrent davantage.

PB

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Francois Roudier 03/11/2008 15:46

Un petit commentaire du CCFA : l'effet Mondial a peut être quand même évité de tomber trop bas. Les baisses de ventes des 5 premiers modèles entrainent tout le marché et il n'y a pas de véhicule "jackpot" pour compenser. On se demande de plus, s'il n'y a pas un resserrement du crédit sur les 20% de voitures achetés par prêt bancaire (hors banque "captive" des constructeurs), ce qui serait un facteur agravant. Enfin n'oublions pas que comme on le voit pour l'immobilier, les consommateurs freinent les grandes dépenses, c'est la crise, la France a peur... F. Roudier

Auto-info : Pascal Boulanger 03/11/2008 16:02


Merci, une fois de plus mon cher François, pour ce commentaire avisé. Nous traversons une crise de confiance et, c'est vrai, l'immobilier et l'automobile sont en première ligne pour souffrir.
Espérons que ce ne sera pas trop long...  des millions d'emplois en dépendent!

PB