Jeudi 26 mars
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Dure semaine pour les équipementiers et le petit constructeur qu'est Heuliez. Pour ceux qui ne le savent pas encore, sachez que je propose une émission de radio sur LCI Radio. Elle est intitulée
"Chacun sa route". Je vous invite à écouter le numéro en cours, enregistré hier. Il est consacré aux difficultés d'Heuliez, Valéo et Faurecia. Les propos sont intéressants, à commencer par ceux du
représentant syndical CFDT d'Heuliez.
Ce petit constructeur implanté dans les Deux-Sèvres est un partenaire fidèle et efficace de plusieurs grandes marques automobiles. Il s'est distingué dans le domaine de la carrosserie et des fameux
coupé-cabriolets. Peugeot en a bien profité quand il a lancé sa 206 CC. Aujourd'hui la marque au Lion développe et produit sans passer par Heuliez ses 207 CC et 308 CC. Du coup, Heuliez ne produit
plus que l'Opel Tigra... et encore, jusqu'en juillet prochain.... ensuite, c'est le vide... il ne restera plus que les projets de véhicules électriques...
Notre syndicaliste y croit. Les salariés d'Heuliez aussi. Et même le gouvernement... sauf que, sauf que... le FSI, Fonds Stratégique d'Investissement, sussure du bout des lèvres qu'il
mettra 10 millions d'Euros dans le tour de table nécessaire pour sauver Heuliez de la fermeture, à condition qu'existe un vrai projet industriel (çà veut dire qu'il en doute?), à condition que le
tour de table réunisse 45 millions d'Euros (çà veut dire qu'ils n'y sont pas? , tiens c'est curieux je croyais que les industriels, la région et le département s'étaient mis d'accord...), à
condition que la famille Queveau, propriétaire d'Heuliez abonde (çà mét'onnerait qu'ils ne le fassent pas, ou alors ils ne croient plus en leur entreprise...).... Bref, on a du mal à comprendre ce
qui se passe, sauf si quelques données politiques nous échappent (concurrence avec Bolloré? préférence du gouvernement envers le projet Renault électrique?...)
... sauf que, sauf que... le véhicule électrique n'est pas encore une réalité quotidienne. Nous en sommes loin, pas seulement en termes de nouvelles voitures, mais aussi en termes
d'infrastructures.
Moi, je crois qu'il faut être attentif à tout le monde, et soutenir tout le monde... donc Heuliez, qui fait partie depuis longtemps du paysage automobile français et qui emploit, tout de
même, 1100 salariés!
Pour Valeo, il y a cette détestable affaire Thierry Morin. Il y a un vrai problème de "timing" pour ce parachute doré de 3 millions 200 000 Euros. Il scandalise, mais je rappelle que M. Morin a une
histoire de 20 ans avec Valeo et qu'il a sauvé cette entreprise à maintes reprises, notamment quand elle était attaquée par des fonds de pension américains.Est-ce que Valeo existerait encore sans
Thierry Morin?
Par ailleurs, quand Luc Chatel, secrétaire d'Etat à l'industrie déclare: "quand l'Etat accompagne une entreprise, la contrepartie est qu'il n'y ait pas de rémunération exceptionnelle, pas de
bonus, pas de stock option". Soit, mais Valeo n'a pas reçu d'argent de l'Etat. Ce dernier est seulement entré dans le capital de Valeo, via le FSI, par achat d'actions sur le marché pour 19
millions d'Euros. La part du FSI est de 8% dans le capital de Valeo. Et puis je rappelle aussi que le calcul de l'indemnité de M. Morin avait été fixé et voté lors d'une assemblée générale
le... 20 juin 2008. Il est vrai qu'à cette époque on ne parlait pas de crise et de morale dans les affaires... Je ne prends pas la défense de M. Morin mais je rappelle des faits. Il est
facile de crier au feu quand on n'a rien fait pour l'empêcher!
En ce qui concerne Faurecia je serai plus court. Le conflit social a été résolu par une prime de 3000 Euros. Il est heureux que les salariés puissent toucher une juste rémunération pour leur
travail si précieux. Faurecia est un équipementier de référence pour de très nombreux et très grands constructeurs automobiles. Sa présence dans l'échiquier est indispensable, tout comme Valeo. Des
emplois sont en jeu, mais aussi des brevets, de la recherche & développement, des compétences uniques au monde. Bref, un savoir faire qui sera bien utile quand nous parlerons de la sortie de
crise...
PB