Streiff-Wagoner: quand l'automobile s'inspire du sport

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger


2 grands patrons de l'automobile éjectés pratiquement au même moment, et en pleine crise mondiale! C'est vrai que les moeurs de l'automobile semblent s'inspirer du football qui vire facilement ses managers ou ses entrraîneurs quand çà va mal.
La seule question qui vaille est la suivante: ses départs forcés sont-ils justifiés?

Je commence par Wagoner, ce sera plus vite fait. La réponse est évidemment OUI...  Et même 100 fois OUI. Je suis même surpris (et je ne suis pas le seul!) que cet homme ait pu se maintenir aussi longtemps à la tête du géant mondial de Detroit. Il ne faut surtout pas oublier que Rick Wagoner, avant d'être le N°1, fut le N°2 de John Smith... Un homme au nom aussi insignifiant que sa politique managériale. Sous John Smith, puis Rick Wagoner il ne s'est rien passé! ...  hormis les licenciements, et les problèmes sans fin liés aux versements des pensions des anciens de GM... Bref, des problématiques sociales ou économiques... En revanche côté produits, ces deux patrons ont poursuivi la fuite en avant de GM...  des voitures toujours monstrueuses, pas toujours bien finies, absolument pas vertueuses en consommations de carburants et en CO2. Au fil du temps, les voitures américaines sont devenues inadaptées aux besoins du marché. Et voilà qu'en 2008, M. Wagoner, effaré et écrasé par ses propres turpitudes a pris sa sébile (et son jet privé !) pour aller faire la mendicité à Washington! Quelle honte! En désespoir de cause, GM ( et d'autres marques) profitaient des derniers salons pour exhiber enfin des modèles écologiques... C'est bien, mais personne n'est dupe: nous attendons encore avec impatience la sortie commerciale de ces modèles hybrides ou électriques... et nous savons très bien que ce n'est pas pour tout de suite.. Les promesses n'engagent souvent que ceux qui les reçoivent... Ah oui, au fait, je termine sur Wagoner en vous précisant que cet homme de 56 ans part à la retraite avec un chèque de 20 millions de dollars! Consternant!

Pour Christian Streiff, je serai moins catégorique. Il n'a pas commis les mêmes fautes que Wagoner.  Pour résumer on peut relever 3 points faibles:
1. Une vision trop financière et pas assez innovante en produits.
2. Un management trop personnel. Entouré principalement d'Isabelle Marey-Sampère sa directrice financière, les hommes de PSA qui sont souvent des X-mines passionnés de produits et de techniques n'ont pas rendu le parcours de Streiff très commode.
3. Une communication incohérente. Elle s'explique en partie par un accident vasculaire cérébral de Christian Streiff en mai dernier. L'homme avait retrouvé son fauteuil après 2 mois d'hospitalisation et de convalescence. Hélas, il faut le dire: un grave pépin de santé peut se transformer en faute grave pour un manager. Le monde des affaires ne pardonne rien. Une fois revenu dans ses fonctions, la communication de Streiff fut souvent hésitante, et incohérente...  jusqu'au point d'orgue du 11 février 2009 où il officialisait un plan de 11 000 départs volontaires pour tout le groupe PSA dans le monde... Grave erreur de timing, 2 jours après la promesse faite au Président de la République d'" éviter les licenciements". Certes, un plan de licenciements et un plan de départs volontaires ne sont pas comparables, mais au bout du compte nous parlons de personnes, de salariés qui quittent un groupe, pas toujours de leur plein gré.

En résumé, la famille Peugeot a sans doute voulu provoquer un électrochoc, comme cela se fait souvent en football. Et je souhaite bien du courage à Philippe Varin, le futur patron de PSA qui prendra ses fonctions en juin prochain. Il arrive dans la tourmente, c'est difficile, mais il pourra au moins se dire que çà ne peut pas être pire.

Ce que tout celà indique, c'est que la fébrilité règne à la tête de nos grandes entreprises. Ce n'est pas rassurant. Ce que tout celà indique c'est que les Etats interviennent de plus en plus dans le management des grandes entreprises. Ce que tout celà indique, c'est qu'il faut sans doute s'attendre à d'autres départs, et à des restructurations, des alliances ou des fusions qui, je l'espère, assainiront le paysage automobile mondial, à condition qu'il fabrique les voitures que le public lui demande.

PB 

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Foxie 08/04/2009 17:40

"à condition qu'il fabrique les voitures que le public lui demande"
Certes, adapter l'offre à la demande est une règle de base.
Mais encore faut-il bien trier dans la demande,
et notamment se méfier des effets de mode.
"On" veut par exemple de la voiture électrique. Mais "on" a rarement bien conscience de ses limitations, ni de la logistique, encore quasi inexistante, qu'elle implique.
"On" croit aussi que c'est une "voiture propre" (les politiques le prétendent, Carlos Ghosn lui-même aussi -marketing oblige-, et tant d'autres soit par opportunisme, soit par conviction quelque peu idéaliste, soit tout bonnement par "suivisme").
Certes, elle ne pollue pas là où elle roule. Mais l'électricité ne tombe pas du ciel, sauf par temps d'orage et alors en pure perte; des études ont montré que si par exemple l'électricité provient d'une centrale thermique, pour un service final donné de la voiture électrique cette centrale va brûler à peu près autant de fioul (= gazole) que ce que consommerait un moteur diesel pour rendre ce même service; alors, le CO2?
L'énergie nucléaire (75% de notre électricité) est de ce point de vue plus favorable, mais au prix des déchets nucléaires. Alors, la peste ou le choléra?
Je ne suis pas du tout adversaire de la voiture électrique, d'autant que de gros progrès sont espérés côté batteries, mais je souhaite qu'on relativise et qu'on la prenne bien pour ce qu'elle est plutôt que ce qu'on voudrait qu'elle soit.

Auto-info : Pascal Boulanger 10/04/2009 18:21


Si la France avait voulu être exemplaire, elle aurait pu depuis longtempts lancer le chantier électrique. Renault et PSA l'auraient fait en partenariat avec EDF, AREVA, Air Liquide et tant
d'autres entités fort compétentes qui oeuvrent dans notre pays. Nous aurions un modèle français à proposer au reste du monde.
 Malheureusement, nous avons suivi le reste du troupeau. Et j'ai l'impression que les français ne seront pas les premiers sur les voitures hybrides et électriques...  C'est
dommage. 

Par ailleurs, j'ai toujours dit que les grands défis sont la logistique, les infrastructures qu'il faudra mettre en place dans les villes pour les voitures électriques. Le chantier est immense et
je ne vois rien venir, mais je sais que le ministère du développement durable y travaille fortement. Et puis il y aura aussi la question des recharges la nuit (des centrales nucléaires qui vont
tourner en permanence pour fournir du courant)...  Et puis il y a encore cette question des stations de rechange de batteries électriques imaginées par Renault et Better Place... Combien de
batteries faudra-t'il immobiliser en permanence et à quels coûts? Celà non plus ne sera pas simple.
Bon je m'arrête. cette question mériterait un article plus long. Et je vous promets que j'y reviendrai, il y a beaucoup à dire.
Bon week-end de Pâques.
PB


SEDAThttp://ann.over-blog.com/ajout-commentaire.php?ref=1477621&ref_article=25280795 07/04/2009 23:27

Comme,inutile de rappeler qu'à propos des paradis fiscaux,une liste noire a été dressée au "G20" avec comme pays,le "Costa Rica","Les Philippines",l'"Uruguay" et la "Malaisie"...!

Or justement,le Week-End dernier a eu lieu le "Grand prix de Formule 1 en Malaisie",curieux,on dit que le diable se trouve dans les détails,il a démarré sur les chapeaux de roues,cherchez l'intrus,est-ce normal...?

A méditer,@+,Reynaldo.

Auto-info : Pascal Boulanger 10/04/2009 18:10


Savez-vous que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis constituent deux des plus grands paradis fiscaux  au monde ? (dixit Jacques Attali). Et depuis fort longtemps il existe un Grand Prix de
Grande Bretagne, et un Grand Prix des Etats-Unis. Il est vrai qu'ils n'ont lieu ni aux Iles Jersey, ni au Delaware...
PB