Quand GM devient "Government Motors"

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger

Avouez que c'est assez drôle tout de même! Au pays de l'Oncle Sam, au pays de l'ultra-libéralisme, General Motors se trouve désormais administré par l'Etat américain et par l'Etat canadien! Ex-numéro 1 mondial, GM est désormais placé sous la protection du chapitre 11 du code américain des faillites. Concrètement, le dispositif a, à peu près, les mêmes avantages que notre redressement judiciaire à la française. GM, ce colosse au pied d'argile, est maintenant protégé de ses créanciers... Protégé par l'Etat américain qui lui a déjà versé 19,4 milliards de dollars! Et qui va encore verser 30 milliards supplémentaires en échange de 60% des actions du nouveau "GM"...  si nouveau qu'on peut en effet l'appeler "government motors"...  d'autant que l'etat canadien et le gouvernement de l'Ontario vont apporter également 10 milliards de dollars...

Avec cet argent frais, le nouveau patron a pour mission de réduire les coûts. Il va fermer des usines, supprimer des emplois et s'attaquer au douloureux dossier des retraités. On rappelle l'ampleur du problème: 92 000 salariés américains du groupe versent indirectement les pensions de 500 000 retraités du groupe! C'est ingérable et désormais impossible. GM devra par exemple verser en titres la moitié des 20 milliards de dollars dûs à au fonds de santé créés par les syndicats GM.
Et puis à côté de celà, GM va se débarrasser de quelques marques: Hummer qui sera vendu à des chinois (les seuls qui ont du cash aujourd'hui !)...  Opel: un accord de reprise avec l'équipementier Magna associé à des russes a été conclu. Opel est une bonne affaire, avec un plan produits et des perspectives intéressantes.

Bref, cette affaire GM est proprement étonnante. Qui aurait pensé que le n°1 mondial pendant plus de 80 ans pourrait un jour en arriver là? Il faut trouver l'explication dans l'arrogance et l'incompétence de ses dirigeants successifs (à commencer par le dernier, Rick Wagoner) qui n'ont rien vu arriver et qui ont continué à faire fabriquer des voitures inadaptées à la demande, mal finies face à la concurrence, et si peu vertueuses face aux défis du réchauffement climatique. Une belle leçon de modestie pour tous les autres grands dirigeants du monde automobile. Une autre vertu de la crise en cours... 


PB 
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