Il fait trop beau pour mourir en voiture!

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger

355 morts sur les routes en avril. Une hausse de 20% de la mortalité. Evidemment, c'est 355 morts de trop, mais je me demande s'il reste encore un peu de bon sens dans ce pays lorsque j'entends depuis vendredi tant de propos extrêmes ou incohérents. Ce week-end encore sur RTL le présentateur de la matinale parlait de "carnage sur les routes"... Cet homme est-il fou? Connait-il la portée des mots. Dans les années 70 la France a dépassé les 16 000 morts sur les routes en un an. C'ETAIT un carnage. Aujourd'hui la route fait 4000 morts par an sur les routes de France, c'est encore trop mais j'espère qu'il est possible de reconnaître que des progrès ont été accomplis. Aujourd'hui le carnage existe, mais pour les accidents domestiques dont on parle trop peu, pour le cancer dont on ne tient pas les statistiques avec autant d'empressement, pour le SIDA... etc... non, le mot de carnage me parait déplacé.

 

Par ailleurs, j'évite de me mettre en colère lorsque j'entends les propos politiciens de madame Chantal Perrichon, présidente de la ligue contre la violence routière qui, désormais, fait figure de référence.... Je préfère être navré lorsque je l'entends  dire que les français ont relâché leur comportement au volant depuis que les parlementaires ont réduit les délais de récupération de points du permis de conduire!  C'est insensé! Aucune étude ne peut le prouver. C'est du grand n'importe quoi!  Comment voulez-vous que les français qui se fichent de la politique en s'abstenant aux élections s'intéressent brusquement  à un vote des parlementaires? Je trouve que les propos de madame Perrichon sont insultants pour les français. Elle les prend pour des imbéciles, pour des neu-neus?

 

Depuis l'instauration du permis à points et des radars, les comportements des français se sont améliorés. La vitesse moyenne des 31 millions de voitures qui circulent en France a diminué. Et on voudrait encore pénaliser davantage les millions de bons conducteurs qui ont fait des efforts de comportement! C'est révoltant, et celà me rappelle toutes les tracasseries que nous pouvons subir aujourd'hui dans les aéroports du monde entier à cause de quelques misérables terroristes.

 

Et pourtant, je le répète souvent dans ce blog, les causes de la mortalité sont connues et facilement identifiables. il suffit d'un peu de bon sens. Tout d'abord, il y a la météo. Lorsqu'il fait beau, les automobilistes sont plus nombreux sur les routes. Statistiquement, les risques d'accident sont donc plus importants. Et il fait beau en ce moment, à qui la faute? 

 

Comme je le dis en titre, il fait trop beau pour mourir en voiture. Il faut donc modifier nos comportements en se rappelant notre formation de conducteur. En la perfectionnant s'il le faut, et je crois qu'il le faut. La preuve? Il suffit de regarder l'âge des victimes de ce mois d'avril... L'association 40 millions d'automobilistes a recensé quelques accidents significatifs:

 

- 24 avril à Balan dans l'Ain: sortie de discothèque, 5 jeunes de 20 ans dans une Twingo RS Gordini, conducteur avec 1,56 g/l, 3 morts

- 3 avril à Malavilliers (Meurthe et Moselle): 4h30 du matin, 5 jeunes de 20 ans, 3 morts.

- 30 avril à Saint Paul de Vence ( alpes maritimes), samedi soir, 3 jeunes de 17, 18 et 21 ans dans une 106. Perte de contrôle et choc avec un autre véhicule. Les 3 jeunes meurent.

- 24 avril à Bordeaux (Gironde), 4 jeunes de 15 à 22 ans dans une BMW. Voiture trop rapide. Choc avec un autre véhicule, 3 morts.

- 23 avril à Brignais (Rhône), 5 jeunes d'une même famille de 14 à 18 ans dans une Ford Mondeo. Perte de contrôle dans une bretelle d'autoroute. 4 morts.

 

Je m'arrête là. L'hécatombe concerne principalement des jeunes, donc des conduteurs dont l'éducation routière et la pratique sont encore d'un niveau faible. Les autres accidents mortels du mois sont le fait de conducteurs ivres

ou de chauffeurs de poids lourds qui se sont endormis. Et je vous épargne les problèmes de stupéfiants qui deviennent de plus en plus préoccupants.

 

Il faut donc qu'on en finisse avec la mise en avant des mêmes solutions qui ne font rien avancer. Ce ne sont pas des radars de plus ou des vitesses réduites qui feront diminuer la mortalité. En revanche, il faut baisser le taux d'alcoolémie, s'attaquer au problème grandissant des stupéfiants (les petits pétards font à mon avis plus de dégâts qu'on ne croit...), et lancer enfin un plan ambitieux d'éducation routière et de communication. Notre formation à la route est indigne d'un pays comme le nôtre. Nos enfants ne sont pas assez bien formés et sont aujourd'hui les proies privilégiés de nos accidents de la route.

 

Il fait vraiment très beau en ce moment, mais je n'ai pas le moral quand je vois tous ces jeunes disparaître à cause de nos carences en matière de formation à la route. PB  

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gregoire 15/06/2011 17:42


Il suffirait d'interdire l'alcool au volant une bonne fois pour toute, et avoir plus de contrôle sur les routes pour réellement éviter ce genre de catastrophe. Et un carnage est un carnage, je ne
vois pas l'utilité de discuter de l'utilisation de ce mot lorsqu'on parle des morts sur les routes.


Auto-info : Pascal Boulanger 18/06/2011 11:20



Bonjour. D'accord avec vous sur la tolérance zéro pour l'alcool au volant. d'accord avec vous sur les contrôles renforcés, notamment à la sortie des discothèques. Je suis moins d'accord sur la
banalisation du mot "carnage". Toutes les guerres furent des carnages, tous les génocides aussi...  doit on comparer les morts sur les routes à ces tragédies? Je ne le crois pas.
J'ai la conviction que lorsque le journaliste a utilisé ce mot de carnage sur les routes, il l'a fait pour dramatiser et pour en rajouter un peu plus dans le sensationnel. En somme il a
succombé à l'excès de superlatifs, ce qui est hélas trop souvent dans l'air du temps. PB 



do hoffmann 11/05/2011 13:29


Je partage ton point de vue globale et j'ai ajoute un vrai moment d'agacement (le mot est faible) en entendant à l'instant une journaliste de RTL, au ton très méprisant, déclarer en parlant des
nouvelles mesures gouvernementales sur la sécurité routière : "Délit immédiat pour 50 km/h en sus de la vitesse autorisée, c'est quand même pas beaucoup 50 km/h !"
Fabuleux, cette réflexion...


François Roudier 10/05/2011 13:26


Très bonnes remarques sur ce sujet si complexe et sensible. Et si le pire était l'ennemi du bien ?


Auto-info : Pascal Boulanger 10/05/2011 16:08



Je ne sais pas si le pire est l'ennemi du bien mon cher François, mais je m'inquiète pour demain et je me demande ce qui va sortir de ce comité interministériel. Je veux dire quelle nouvelle
mesure inapplicable ou inappliquée...