Dimanche 11 octobre 2009
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Puisqu'il n'est pas question d'élargir toutes les routes, il faudra bien un jour trouver un terrain d'entente entre les automobilistes et les conducteurs de deux roues, et d'une manière
générale entre tous les usagers de la route. Pourquoi ces mots? Tout simplement parce qu'en fin de semaine, comme vous tous, j'ai découvert les mauvais chiffres des tués sur
les routes du mois de septembre: 393 morts. C'est une hausse de plus de 17% par rapport à septembre 2008. Et c'est inquiétant, car depuis le début de l'année on dénombre 3204 tués sur les
routes de France. la hausse est de 2%. C'est simple, si cette tendance se maintient nous aurons des chiffres en hausse en 2009, après 7 années de baisse consécutives.
Nous vivons d'ailleurs un paradoxe car le nombre des accidents a baissé. Donc si les morts sont plus nombreux, c'est que les accidents sont plus violents.
Autre tendance inquiétante: près d'une victime sur 3 est un motard, son passager ou bien le conducteur d'un scooter ou d'un cyclomoteur. Statistique préoccupante qui m'amène à faire un sujet
dans le 20 h de vendredi dernier. Le sujet est apprécié (ce qui fait toujours plaisir), mais il divise quand même la rédaction en salle de visionage. Il y a les défenseurs du 2
roues et ceux qui ne les supportent plus. Les images sont parlantes... en un seul après-midi, nous avons tout trouvé: motos empruntant des zones interdites à la circulation, scooters
dans les couloirs de bus, franchissement de lignes continues, circulation sur les trottoirs... mais aussi portable au volant pour les automobilistes, oubli du clignotant. Ce sont
des scènes de la vie quotidienne.
Et au bout du compte, mon témoignage de motard. Marc Bertrand, de la Fédéraion Française des Motards en Colère, nous dit que rien n'est fait en ville pour les deux roues motorisés. Il
ajoute que les automobilistes ne respectent pas les deux roues en négligeant l'usage de leurs rétroviseurs et de leurs clignotants. Il a raison, mais ces propos suscitent immédiatement indignation
chez les membres de la rédaction qui, curieusement, ne roulent qu'en voiture.
J'ai la chance d'appartenir aux deux mondes, et j'aurais aimé que tout le monde entende la conclusion de mon reportage. N'oubliez jamais que les motards, les cyclistes, les piétons sont
les plus vulnérables. Leur seule carrosserie est leur peau. Alors, faut-il que les automobilistes négligent ce paramètre? Non évidemment. Les conducteurs de deux roues ne demandent qu'une
chose: la prise en compte de leur existence grandissante sur les routes. Quand on passe son permis moto(un permis plus exigeant que le permis auto) on apprend le partage de la route, les gestes qui
sauvent (freinage d'urgence, évitement d'obstacle, contre braquage). Je pense que la formation et la communication sont au coeur du plan qu'il faut mettre en place pour que les automobilistes
occupent la route d'une manière moins "monopolistique". Lorsque je suis en deux roues motorisé, et encore plus quand je fais du vélo, j'ai souvent l'impression de rouler illégalement sur un
territoire dominé par les voitures, y compris à la campagne. C'est anormal.
En conclusion, je n'aime pas les polémiques qui opposent les automobilistes aux usagers des deux roues. Elles sont stériles. J'aimerais qu'en France un travail soit fait sur le partage de la
route. Il est incontournable puisqu'en 5 ans, le nombre de trajets domicile-travail en deux roues a augmenté de 50%. C'est un processus irréversible. Donc améliorons la formation et la connaissance
des uns et des autres... et pour les 125 CC, de grâce, revenons à une formation obligatoire pour apprendre les gestes qui sauvent. Cette population de motards sans permis moto m'inquiète de
plus en plus. C'est elle qui devrait payer le plus cher tribut sur les routes si on ne fait rien.
PB