Renault-Daimler: Mercedes a t'il changé?

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger

Ghosn-Zetsche-handshakex-large.jpgOn évite pour l'instant les mots "fusion" ou même "alliance" qui ne correspondent pas à la stricte réalité quand on évoque le rapprochement entre Renault et Daimler. Mais Carlos Ghosn, le président de l'Alliance Renault-Nissan ne refuse pas de parler de "fiançailles".

L'accord est capitalistique en premier lieu. Afin de respecter l'équilibre des capitalisations boursières des uns et des autres, Daimler aura 3,1 % du capital de Renault et 3,1% du capital de Nissan pour une valeur totale de 1,25 milliard d'Euros.  De leur côté Renault et Nissan se partageront 3,1% du capital de Daimler pour une valeur totale de 1,16 milliard d'Euros.

Mais au-delà des participations croisées, c'est l'environnement humain et psychologique de cet accord qui m'intéresse beaucoup, pour plusieurs raisons:

 

1/ L'accord a été signé symboliquement à Bruxelles. Un terrain neutre pour deux géants, l'un allemand et l'autre français. Carlos Ghosn a cité 2 philosophes allemands: Hegel disant "rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion" et Nietzsche disant "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort", tandis que Dieter Zetsche le patron de Daimler citait Voltaire ("le travail est souvent le père du plaisir"). Les deux hommes se sont peut-être envoyés des messages personnels à travers ces citations, en tout cas, ils ont manifesté un grand souci du détail pour afficher leur bonne volonté et leurs bonnes intentions.

 

2/ "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort". Et c'est vrai que la fusion de Daimler avec Chrysler fut un cuisant échec. Dieter Zetsche peut parfaitement en parler, lui qui a été le patron de Chrysler. Le groupe allemand est toujours arrivé en conquérant dans ces montages financiers. Moyennant quoi il n'a pas été capable de faire alliance avec Chrysler, avec Mitsubishi, avec Hyundai. Mercedes se nourrit aujourdh'ui de ses échecs, et le géant allemand est donc, peut-être, en train de changer.

 

3/ Et comme l'allemand reste pragmatique, il ne lui a pas échappé que l'alliance Renault-Nissan est la seule à fonctionner dans l'automobile depuis plus de 10 ans. Il s'agit d'une vraie alliance, et pas d'une fusion-acquisition, ce qui a permis à chacune des cultures de cohabiter sans heurts. Et c'est Daimler qui a tendu la main à Renault! Eh oui, c'est étonnant. Les allemands ont compris qu'ils avaient un intérêt à travailler main dans la main avec Renault et Nissan.

 

Voilà qui va déboucher sur des projets très concrets, et très intéressants:

 

1/ C'est le projet Smart/Twingo qui servira de première base à la coopération. Daimler n'a jamais gagné d'argent avec Smart et avec les Classe A & B. Mais il ne peut pas se débarasser de ces modèles sous peine de payer de fortes pénalités européennes pour les normes de CO2. Donc Daimler a besoin d'un groupe comme Renault pour développer ses nouvelles Smart et Classe A & B. Le modèle deviendra rentable avec l'usine slovène de Novo mesto détenue par Renault.

 

2/ Les deux marques ont besoin l'une de l'autre pour développer leurs futures gammes électriques de manière rentable. De ce point devue, l'usine de Flins peut retrouver une vraie place stratégique dans cet ensemble puisqu'elle fabriquera les batteries du groupe et un modèle électrique.

 

3/ Une plate-forme commune pour un véhicule utilitaire léger. La plate-forme existe déjà. C'est celle du Kangoo à Maubeuge, et Mercedes prévoit d'y faire fabriquer son plus petit utilitaire léger, situé en-dessous du Vito. On voit clairement que cet accord permettra de réduire les coûts de production.

 

4/ des échanges de moteurs; C'est le nerf de la guerre en automobile. le coût de développement des moteurs est très élevé. Daimler se fournira dans le large choix de moteurs 3 et 4 cylindres de l'Alliance Renault Nissan. Et l'allemand fournira desm oteurs disel haut de gamme à Inifniti, la marque de luxe de Nissan.

 

Les synergies sont immenses. Il y a des perspectives de de développemen et d'embauches pour les usines de Maubeuge, Cléo, Flind et Hambach...  sans compter les usines étrangères des deux groupes.

Si la bonne volonté des deux patrons est suivie par l'ensemble des effectifs, alors on pourra parler d'un challenger puissant pour Volkswagen, le futur n°1 mondial.

 

PB

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