Sarkozy et l'automobile

Publié le par Auto-info : Pascal Boulanger

Allez je reprends ma plume pour commenter l'actualité automobile. En fait j'aimerais revenir sur ce que disait Nicolas Sarkozy l'autre soir sur TF1 lorsqu'il parlait d'automobile. Tout d'abord, on ne peut nier que le Président de la République se désintéresse de l'industrie automobile. En 2009, les Etats-Généraux de l'Automobile, la création du Fonds Structurel d'aide au secteur, la prime à la casse ont été autant d'initiatives qui ont permis de soutenir le marché.

Toutefois, le Président, lundi dernier, a pris quelques libertés avec les chiffres. Par exemple, il a déclaré que "PSA emploie un tiers de ses effectifs à l'étranger, les deux tiers en France", avant d'ajouter "ce qui n'est pas le cas de Renault". Le raccourci, hélas, est un peu faux. La vérité est que PSA  compte 104 000 salariés en France, sur un total de 190 000 dans le monde. Celà fait un peu moins de 55%...  On ne peut donc pas parler desdeux tiers. 

Pour Renault le ratio est de 46%: 56 000 salariés en France, pour un total de 122 000 dans le monde. Et si on exclut le coréen Samsung Motors et le roumain Dacia, le pourcentage remonte à 54%. Le chiffre est alors comparable à celui de PSA. 

Donc le Président  fait ce qu'il veut avec les chiffres. De la même manière il déclarait sur TF1 avoir découvert que " les deux tiers des sous -traitants de Renault sont des sous-traitants étrangers". Là encore il faut se montrer très prudent. Faut-il parler d'entreprises françaises basées en France, ou d'entreprises étrangères basées en France. Renault en tout cas annonce que 60% des achats de ses usines françaises proviennent de fournisseurs basés en France. 

Nicolas Sarkozy avait semble-t'il envie de "se faire" l'ancienne direction de Renault. En rappelant la sensibilité de gauche de son ancien Président Louis Schweitzer. A une époque où le 1er ministre s'est longtemps appelé Lionel Jospin. C'est ainsi qu'il a vilipendé "l'ancienne direction de Renault" quand,, en 1997, elle avait fermé brutalement l'usine belge de Vilvoorde. Le propos est risqué car à cette époque un certain Carlos Ghosn était déjà là. Il avait même pris une part active dans la liquidiation de Vilvoorde sur laquelle il avait gagné ses galons de "tueurs de coûts".

Bref, l'utilisation des chiffres est toujours délicate quand on les manipule un peu dans le sens que l'on préfère. Et dénoncer la stratégie des anciennes équipes dirigeantes est tout aussi embarassante. Est-ce que Renault aurait encore aujourd'hui son rang mondial sans son alliance réussie avec Nissan décidée par Louis Schweitzer? Et peut -on parler d'échec quand ce même Louis Schweitzer est à l'origine de la voiture à bas prix, la fameuse Dacia Logan qui fait des petits et qui rapporte de l'argent à l'un de ses actionnaires: l'Etat ?!!!

PB

  
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Simone 28/01/2010 17:15


Et ne pas oublier que quand on a "fermé" l'usine belge de Vilvoorde, tout le monde était content en France, car normalement c'était un site Français qui devait "fermer"....